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Poésie

Par Sacha Surkouff
Sacha Surcouff vous invite à découvrir ou redécouvir un poème de Lermontov consacré à Napoléon.

Le navire dans les airs

 

Sur les vagues d'océan d'un bleu-vert,

Sitôt que s'allument les étoiles,

Fend les eaux un navire solitaire

Dans la nuit de toutes ses voiles. A

Ses mâts ne se courbent sous les brises,

Muets sont ses sombres pavillons,

A travers les hublots hypnotisent

Regardant en silence ses canons .

Malgré l'absence du capitaine

Et les marins sur le pont,

Il défie les tempêtes et sirènes

Sans crainte les récifs, ni bas-fonds.

Il y a sur les Fleuves une île-

Sinistre, morose granit,

Une tombe sur les pierres hostiles

Avec l'empereur qui y gît .

Y mis sans honneurs militaires

Par ses ennemis dans le sable ,

Serrure pour ce noble locataire –

Une pierre est posée ,immuable .

A l`heure de ses tristes funérailles ,

Chaque année à la minuit lactée

Tout doucement contre la haute muraille

On voit un navire accoster .

Chargé d'une mission mystique

De sa tombe l'empereur apparait:

La grise redingote historique

Le tricorne authentique et l'air frais.

Tête penchée, bras croisés, plein d'espoir

Il reste absorbé une minute

Puis s'élance et se met à la barre

Pour vite se remettre en route.

Du côté de la France il regarde

De la Douce France des Mémoires

Où il a laissé sa Vieille Garde,

L'héritier et le trône et la gloire .

Dans le noir sur les crêtes des lames

La terre apparait et d’emblée

Ses yeux tout de suite s'enflamment

Et son cœur se met à trembler.

A pas larges il traverse les plages

Et de sa voix forte et belle

Ses anciens camarades il engage

Et ses fidèles maréchaux il appelle.

Mais ses grenadiers, ces bons diables

Dorment sur l'Elbe dans la plaine et aussi

Près des Pyramides, dans les sables,

Dans les neiges de la froide Russie .

Pas un maréchal qui réponde :

Les uns ont péri aux combats,

Quelques uns ont tourné (chose immonde)

Casaque, et ne l'écoutent pas.

Il frappe de sa botte la terre

Et, furieux, continue les Cents Pas,

Il insiste, et sa voix de tonnerre

Elle met les mouettes en effroi.

Il appelle sa dernière espérance,

Son fils bien aimé, l'héritier,

Ne laissant à soi-même que la France

Lui promet de la Terre la moitié.

Hors, fleur de l'espoir et de l'âge

Pèse sur lui de son fils la perte,

Et reste comme victime d'un naufrage

L'empereur sur la rive déserte.

Il pousse des soupirs amers

Jusqu’à ce que rougisse le Levant,

Et coulent ses larmes singulières,

S'égouttent sur le sable mouvant.

Puis sur son navire magique

Résigné par un morne désamour

Tête baissée il s'embarque, apathique

Pour son humble voyage de retour .

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Lise Ageaorges, assistante de français
Lundi 7 février, sur l’invitation d’Alla, professeur de français à l’Université Fédérale de Sibérie, je suis allée au théâtre pour assister à la représentation de Tartuffe (en russe, bien sûr !).
Saviez-vous qu'il est possible de créer des exercices en ligne sur Francomania ou bien encore de présenter votre établissement sur la carte du français en Russie ?