Une ville où les palmiers agitent leurs bouquets de feuilles vertes, où les roses et les pensées s’épanouissent sous les rayons du soleil resplendissant comme si elles ne savaient pas qu’en Russie c’est le plein hiver, enneigé et glacial.
Stupéfiés de voir les Tourangelles déambuler en ballerines, les professeurs russes ont vite quitté leurs manteaux de fourrure et sorti des vêtements plus légers pour se promener dans les rues de Tours, mais ont dû bientôt les remettre. Car, si l'heureux climat leur permettait d’errer vêtus en vestes, le chaleureux accueil en famille et le savoureux vin blanc, rouge, rosé, que les généreux hôtes répandaient comme la corne d’abondance faisaient oublier la possibilité de neige dans les pays reculés et encourageaient la négligence du vêtement chaud, le chauffage austère les a assez vite fait se revêtir.
Mûs par l’impétueux désir de se perfectionner en didactique et méthodologie du FOS, aiguillonnés par une équipe de formateurs sans égal, les professeurs russes ont découvert les différents types de tourisme (farniente, bien-être, sportif, vert, culturel, voire religieux ou industriel), se sont aventurés dans le maquis économique, ont goûté à l’insondable richesse de la littérature, et se sont initiés à l’art et l’architecture français.
Ils ont vu les rues du Vieux Tours, les cathédrales et églises, l’Hôtel de ville et la Gare construits par l’architecte tourangeau Victor Laloux (tout le monde connaît sa gare d’Orsay qui est devenu le Musée d’Orsay). Ils n'ont pas vu le temps passer, la Russie tendait déjà ses bras pour les reprendre. Adieu Tours, bonjour la Russie. Mais bien sûr qu’ils espèrent secrètement que Tours les attend toujours...
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